Mardi 07 Février 2012
Rhumatologie

L'actualité de l'European League Against Rheumatism 2010
16-19 juin, Rome (Italie)


Cette édition Focus sur l’actualité de l’EULAR  2010 vous propose une sélection des temps forts du congrès dans le domaine des rhumatismes inflammatoires. L’équipe de médecins journalistes de www.medical-congress.com  vous en présente une synthèse sous la forme de 6 dossiers thématiques.
Cette sélection a été réalisée avec l’aide d’un comité éditorial composé des Prs Bruno Fautrel (Paris),  Alain Saraux (Brest) et Thierry Schaeverbeke (Bordeaux).

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Prévention des risques infectieux

Les vaccins disculpés

D’après une étude épidémiologique suédoise, le risque de déclenchement d’une polyarthrite rhumatoïde après une vaccination n’est pas avéré à l’échelle d’une population.


      
Bruno Fautrel

Paris

"Pas de risque à vacciner à l’échelle d’une population"


Les bénéfices de la vaccination dépassent les risques

La responsabilité des vaccinations courantes proposées aux adultes, telles que celles contre la grippe ou le tétanos, est fréquemment évoquée dans le déterminisme de la polyarthrite rhumatoïde par les patients qui cherchent souvent une cause à leur maladie. Jusqu’à présent, aucune étude sérieuse n’avait étudié cette possible association pathologique.

Camilla Bengtsson et son équipe du Karolinska Institute de Stockholm a voulu en avoir le cœur net. Elle a ainsi étudié une cohorte de plus de 3 000 patients,1 998 PR débutantes et 2 252 contrôles, pour rechercher une augmentation du risque de PR chez les malades vaccinés et la modification des anti-CCP. Les données rétrospectives ont été tirées de l’étude suédoise EIRA.
 
Parmi les 1 199 patients vaccinés au cours des cinq années précédentes (582 PR et 617 contrôles), les vaccinations n’entraînent pas d’augmentation du risque total de polyarthrite rhumatoïde ni le risque de voir apparaître une maladie anti-CCP positive ou négative.

De plus, les résultats ne montrent pas d’association entre un vaccin particulier (tétanos, grippe, diphtérie, hépatites, poliomyélite ou méningite à méningocoques) et le risque de PR. Cette absence de risque est également présente chez les patients fumeurs ou porteurs de l’HLA-DRB1 SE.
 
Cette étude épidémiologique est donc rassurante à l’échelle d’une population, mais ne répond pas à la question du risque pour un individu de déclencher une PR après une vaccination. Ces résultats permettent de proposer sans arrière-pensées une couverture vaccinale optimale aux patients adultes même s’ils présentent un ou plusieurs facteurs de risque pour cette pathologie. Pour Camilla Bengtsson, ce message mérite d’être diffusé largement auprès des médecins et des responsables de santé publique.



Dr Denis Boucheny. D’après la présentation durant l’EULAR 2010 de Camilla Bengtsson (abstract OP004) et un entretien avec Bruno Fautrel.
30 juin 2010
 
 
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