Diminuer le traitement pour amoindrir le risque iatrogène Ces dernières années, les biothérapies ont profondément modifié l’évolution clinique de la polyarthrite rhumatoïde. Reste qu’une fois les patients en rémission prolongée, la question se pose de diminuer ou d’arrêter le traitement pour diminuer les risques d’effets secondaires indésirables - notamment infectieux - et, plus prosaïquement, les coûts. Le prix élevé de ces traitements est justifié par leur réelle efficacité qui permet, à long terme, de faire quelques économies de santé. La réduction des doses ou l’arrêt du traitement serait, à l’évidence, une piste supplémentaire pour diminuer le poids financier du traitement chez les patients en rémission. Une étude, présentée par Bernd Raffeiner, s’est donné pour but de tester la persistance de l’efficacité clinique de faibles doses d’étanercept chez les patients en rémission stable sous traitement. C’est une étude observationnelle prospective qui concerne près de 150 patients ayant atteint l’objectif de rémission du DAS 28. Les patients ont reçu un traitement conventionnel pendant un an (2x25 mg/semaine) puis certains patients (n = 53) avec activité modérée de la maladie, et avec forte activité (n = 56) ont vu leur posologie réduite à une seule injection par semaine (25 mg) pendant qu’un troisième groupe de 54 individus avec activité élevée continuaient à recevoir le traitement complet. Les résultats montrent que la rémission est extrêmement stable : la majorité des malades (81,6%) ne présentent pas de rechute sur une moyenne de 2,6 ans, et la quasi-totalité (un seul échec) de ceux qui rechutent reviennent rapidement à l’état antérieur après reprise du traitement. (Diapositive 1) On peut donc diminuer le traitement par biothérapie, mais l’arrêt complet est-il possible ? DREAM est une étude japonaise qui a permis d’apporter un début de réponse. Elle concerne le tocilizumab et a montré que 13% des malades étaient toujours en rémission un an après l’arrêt du traitement. Par ailleurs, les patients qui rechutent après l’arrêt du tocilizumab ne sont pas pénalisés, puisque la reprise du traitement permet de retourner à l’état de rémission. Pour Thierry Schaeverbeke, « le résultat de ces deux études donne des arguments pour soit réduire, soit arrêter le traitement par biothérapie chez les malades en rémission et diminuer ainsi l’impact sur le risque iatrogène des traitements par biothérapies ».
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Dr Etienne Olivry. D’après les présentations de Bernd Raffeiner (abstract OP0147), Norihiro Nishimoto (abstract OP0134), Bruce Kirkham (abstract THU0206), Jacques-Eric Gottenberg (abstracts FRI0210, FRI 0211) et Violaine Foltz (abstracts THU0495, FRI0116) et un entretien avec Thierry Schaeverbeke et Bruno Fautrel. 30 juin 2010 |
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