Validation dans la pratique des nouveaux critères ACR/Eular Les critères ACR/Eular de classification de la polyarthrite rhumatoïde qui ont été présentés en 2009 lors des congrès de l’Eular et de l’ACR ont fait l’objet de plusieurs communications à Rome, en particulier des études de validation dans différentes cohortes pour préciser leurs possibilités d’utilisation dans la pratique. Rappelons qu’il y a des éléments très nouveaux dans ces critères, notamment un algorithme dans lequel on considère que l’on ne va poser le diagnostic de PR que chez un patient qui a au moins une synovite et pas de meilleure explication que le diagnostic de PR. Si la radio montre des érosions, le diagnostic de PR est établi, sinon, on applique un score (Diapositive 1). Ce score fait intervenir quatre items : le type d’atteinte articulaire, la sérologie, la durée de la synovite et les réactions à la phase aiguë (CRP et VS). Si la valeur de ce score est supérieure à 6, la PR est avérée, si elle est inférieure à 6, ce n’est pas le cas. Intérêt de ces critères, on peut les appliquer au tout début de la PR et décider de prescrire un traitement de fond, par exemple dès trois semaines d’évolution. Une des limites de ces critères est qu’ils ont été conçus bien sûr d’après des bases de données mais surtout avec des avis d’experts et qu’ils n’ont pas encore été validés dans des cohortes. C’est pourquoi la présentation des travaux de l’équipe hollandaise de Visser par Celina Alves (Rotterdam) a été un des temps forts du congrès de l’Eular 2010. Elle a évalué la performance de ces nouveaux critères ACR/Eular et l’a comparée à celle des modèles diagnostiques de Van der Helm et de Visser dans la cohorte REACH. Les résultats sur 736 patients montrent que les critères ACR/EULAR sont globalement performants (Diapositive 2) et qu’il sera possible de les utiliser dans le futur. Il reste sans doute quelques aménagements à leur apporter, comme par exemple définir si la limite du score fixée à 6 est la meilleure, mais cette première version a fait maintenant la preuve de son efficacité. Ces résultats positifs sont confirmés par le travail de l’équipe d’Alain Saraux (Brest) sur une cohorte de 270 patients (SAT0044) qui conclue à la supériorité des critères 2009 sur ceux de 1987 et qui montre surtout l’intérêt de l’utilisation de l’algorithme.
| |
|
Suivante >
|
Dr Denis Boucheny. D’après les présentations durant l’EULAR 2010 de Celina Alves (abstract OP0039) et Thomas Funck-Brentano (abstract THU0496) et un entretien avec Bruno Fautrel et Alain Saraux. 30 juin 2010 |
|