Mardi 07 Février 2012
Rhumatologie

L'actualité de l'European League Against Rheumatism 2010
16-19 juin, Rome (Italie)


Cette édition Focus sur l’actualité de l’EULAR  2010 vous propose une sélection des temps forts du congrès dans le domaine des rhumatismes inflammatoires. L’équipe de médecins journalistes de www.medical-congress.com  vous en présente une synthèse sous la forme de 6 dossiers thématiques.
Cette sélection a été réalisée avec l’aide d’un comité éditorial composé des Prs Bruno Fautrel (Paris),  Alain Saraux (Brest) et Thierry Schaeverbeke (Bordeaux).

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Au sommaire

Mécanismes physiopathologiques de la PR

Les marqueurs transforment la compréhension de la maladie

Depuis la découverte des anticorps anti-peptides citrullinés, la polyarthrite rhumatoïde change de visage. Le concept de malades séronégatifs va peut-être déboucher sur la définition de deux maladies distinctes grâce à de nouveaux anticorps. La PR pourrait débuter à distance de l’articulation et le tabac qui intervient dans le processus de citrullination influe également sur la non réponse aux traitements les plus utilisés.


      
Thierry Schaeverbeke

Bordeaux

"On a longtemps considéré que les PR séronégatives et séropositives étaient la même maladie"


Thierry Schaeverbeke

Bordeaux

"Ce travail a permis d’identifier 14 nouveaux auto-anticorps"


De nouveaux marqueurs pour les PR séronégatives
 
Depuis l’avènement des anti-CCP, les polyarthrites rhumatoïdes sont virtuellement subdivisées en deux sous-catégories, celles où l’on retrouve la présence d’anticorps anti-peptides citrullinés et/ou du facteur rhumatoïde et celles qui en sont dépourvues. Il y a ainsi trois quarts de PR séropositives et un quart environ de PR séronégatives. Aujourd’hui, cette dernière catégorie est mal connue, et les rhumatologues ont besoin de marqueurs sérologiques pour l’identifier. C’est dans ce contexte qu’une équipe belge, représentée par Klaartje Somers, a analysé le profil des anticorps de ces patients pour essayer d’identifier de nouveaux marqueurs et peser le rôle de la réponse immunitaire dans ce sous-type de PR.
 
Après une première phase de sélection d’auto-anticorps candidats dans le sérum et les membranes synoviales de 20 patients (10 PR débutantes et 10 PR séronégatives), 14 nouvelles pistes ont été identifiées parmi lesquelles on trouve 11 auto-anticorps entièrement spécifiques de PR séronégatives. Ces anticorps ont ensuite été recherchés chez 68 patients répartis en sous-groupes déterminés par leurs statuts vis-à-vis du facteur rhumatoïde (FR+ ou -) et des anticorps anti-CCP (ACCP + ou -).
 
Les résultats montrent des niveaux élevés pour au moins un auto-anticorps chez 68% des patients FR+/ACCP+, 52% des FR-/ACCP-, 67% pour les patients FR-/ACCP+ et FR+/ACCP-.
On dispose ainsi de nouveaux auto-anticorps qui peuvent également être détectés chez les PR séronégatives sans qu’il n’y ait de différence qualitative entre les 4 sous-types de polyarthrite rhumatoïde. Toutefois, certains anticorps étaient retrouvés préférentiellement chez les patients séronégatifs. Ils semblent pouvoir constituer de nouveaux marqueurs spécifiques pour cette sous-catégorie de PR.
Pour Thierry Schaeverbeke, « on se dirige ainsi, pour un même syndrome clinique, vers deux profils de maladies distincts avec, dans l’avenir, une possibilité d’assister à l’émergence de thérapeutiques ciblées proches du mécanisme physiopathologique de chaque type de pathologie ».



    Suivante >

Dr Etienne Olivry. D’après les présentations de Klaartje Somers (abstract OP0280), Marleen Van de Sande (abstract OP0038), Saedis Saevarsdottir (abstracts OP0014, OP0015) et un entretien avec Thierry Schaeverbeke.
30 juin 2010
 
 
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