Chimiothérapie d’induction, des pistes concordantes Plusieurs études rapportées durant les différentes sessions de cancérologie ORL de l’ASCO 2010 ont confirmé de façon cohérente que la chimiothérapie d’induction était une option thérapeutique pertinente. Cette chimiothérapie d’induction est de plus en plus utilisée et les différentes communications présentées à Chicago suggèrent de façon cohérente que dans les formes localement avancées, non opérées ou non opérables, cette chimiothérapie d’induction apporte des bénéfices en termes de contrôle locorégional ou de survie.
Ainsi J. Lorch rapportait l'actualisation des données de survie globale de l’étude Tax 324 qui a comparé en traitement d’induction le TPF (docétaxel, platine, 5FU) au PF (platine, 5FU) chez 425 malades. Les données à 5 ans confirment une supériorité significative du TPF par rapport au PF en ce qui concerne la survie. Cependant, l’étude randomisée qui permettra réellement de répondre à la question du bénéfice de ce traitement d’induction en comparant induction par TPF versus pas d’induction avant radiochimiothérapie n’est pas encore là pour valider cette pratique. Des études sont en cours sur ce point, mais il faudra encore attendre au moins 2 ans pour en connaître les résultats.
Les thérapies ciblées, un paysage à clarifier Durant les sessions de l’ASCO 2010 consacrées aux cancers ORL, beaucoup de résultats préliminaires de phase I et II concernant des molécules en développement auront été rapportés. Elles illustrent une recherche clinique très active sans qu’il soit cependant aujourd’hui possible de décrypter celles qui réussiront à faire preuve de suffisamment d’efficacité pour passer en phase III. Les mécanismes clés à bloquer sont encore à identifier dans les cancers ORL et il est difficile de percevoir les thérapies qui vont s’associer ou succéder aux traitements actuels. Radiochimiothérapie, pas d’avantage au fractionnement, mais un avantage à délivrer les 3 cycles de cisplatine Dans le domaine de la radiothérapie chimiothérapie concomitante, aucune étude rapportée durant cet ASCO 2010 ne permet de renforcer le concept de fractionnement de la radiothérapie. Même si des méta-analyses ont permis de laisser penser que cette piste pourrait être plus efficace, les études actuelles ne confirment pas les bénéfices de ces protocoles de fractionnement, par ailleurs complexes et difficiles à mettre en œuvre. Dans ce domaine, une étude rapportée à Chicago montre que l’élément le plus important pour optimiser le contrôle locorégional semble être la dose cumulée de cisplatine administrée pendant l’irradiation ; les données rapportées montrent clairement qu’il faut tendre vers les 3 cycles pour optimiser la survie des patients. L’HPV, des données de confirmation à intégrer dans les études à venir La vingtaine de communications consacrées à l’impact du statut HPV sur le pronostic des cancers ORL présentées durant cet ASCO 2010 sont toutes cohérentes et confirment que le statut HPV positif des tumeurs ORL est associé à un meilleur pronostic (Diapositive 1). Il va donc falloir maintenant intégrer cet élément dans les études thérapeutiques qui devront être stratifiés en fonction du statut HPV. En fonction des résultats de ces études à venir, on peut imaginer que s’ouvrira la piste d’une éventuelle désescalade thérapeutique pour ces formes tumorales de meilleur pronostic.
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Dr Pierre Delahousse. D’après la présentation à Chicago de Frédéric Peyrade durant l’Onco’Scopie 2010, les communications de J. Lorch (abstract 5512), C. Spencer (abstract 5544), de S. Wells (abstract 5503) et un entretien avec Gilles Calais durant l’ASCO 2010. 16 juin 2010 |
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