Une thérapie stimulant le système immunitaire Encore aujourd’hui, la survie médiane des patients atteints d’un mélanome avancé est extrêmement faible et aucun traitement n’a encore fait de démonstration claire. Cette édition de l’ASCO pourrait changer le cours de l’histoire avec la présentation d’une immunothérapie, l’ipilimumab, dirigée contre l’antigène CTLA4 présent à la surface des lymphocytes T et dont le rôle physiologique est de freiner la réponse immunitaire. En bloquant ce checkpoint, l’ipilimumab, anticorps monoclonal humanisé, permet de lever l’inhibition lymphocytaire. Dans l’étude randomisée de phase III présentée à Chicago et publiée simultanément dans le New England Journal of Medicine, 676 patients atteints d’un mélanome de stade III ou IV, et préalablement sous traitement antitumoral, ont été randomisés en 3 groupes : ipilimumab seul, vaccin gp100 seul (constitué de deux peptides issus d’une protéine de différenciation exprimée par la plupart des mélanomes) ou ipilimumab associé au vaccin gp100, à raison de 4 cycles une fois toutes les 3 semaines. Tous les groupes étaient évalués sur le même critère principal, la survie globale (Diapositive 1). Pour la première fois, un bénéfice sur la survie L’ipilimumab est le premier traitement à démontrer une amélioration significative de la survie globale des patients de près de 4 mois ; celle-ci passant de 6,4 mois dans le groupe gp100 seul à 10 mois dans le groupe ipilimumab. Le taux de survie à un an a quasiment été doublé passant de 25% à 46% (Diapositive 2). Il est à noter que l’addition du vaccin gp100 à l’ipilimumab n’a pas amélioré la survie. Cette nouvelle immunothérapie ciblée n’est, cependant, pas sans risques et des événements indésirables immunitaires sévères ont été rapportés chez 10 à 15% des patients traités par ipilimumab. Ils se sont néanmoins avérés en grande partie gérables avec le recours à une corticothérapie. Il est à noter que l’ipilimumab peut entraîner une réponse retardée selon le profil des patients voire augmenter la taille de la tumeur dans un premier temps en raison de l’effet indirect de cette molécule via le système immunitaire de l’hôte. Cette réponse en deux temps nécessitera de la part des cliniciens de modifier leurs critères d’évaluation et de poursuivre le traitement suffisamment longtemps pour observer des résultats satisfaisants. Pour les investigateurs de cette étude, cette immunothérapie ciblée, la 1ère dans sa classe, représente une avancée considérable dans la prise en charge des patients atteints d’un mélanome avancé.
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Agnès Barret. D’après la présentation à Chicago de Pierre Fumoleau durant l’Onco’Scopie 2010 et la communication de Steven O’Day (abstract 4) durant l’ASCO 2010. 16 juin 2010 |
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