Démonstration française d’un nouveau standard de soins chez les sujets âgés Une combinaison de chimiothérapie à base de carboplatine et de paclitaxel améliore très significativement la survie des malades de plus de 70 ans présentant un cancer pulmonaire avancé non à petites cellules et ceci comparativement à l’administration d’un seul agent, c’est la conclusion sans appel de l’étude de l’Intergroupe Francophone d’Oncologie Thoracique rapportée durant l’ASCO 2010 ; une des quatre études retenues pour la session plénière de cette édition de l’ASCO. Elisabeth Quoix rapportait ainsi dans l’immense salle plénière de Chicago les résultats de l’étude conduite par le groupe coopératif français qui a inclus 451 malades âgés de 70 à 89 ans présentant un cancer non à petites cellules de stade III ou IV. Ils ont été randomisés en 2 groupes, le premier recevant une monothérapie par gemcitabine ou vinorelbine, le second recevant l’association carboplatine mensuel et paclitaxel hebdomadaire (Diapositive 1). L’étude initialement prévue pour inclure 510 malades a été arrêtée prématurément car la 2ème analyse intermédiaire a mis en évidence un bénéfice significatif en termes de survie globale. Dans le groupe recevant l’association à base de carboplatine, la survie globale moyenne a été de 10,4 mois avec 45,1% des patients en vie à 1 an, alors que dans le groupe recevant une mono chimiothérapie la survie globale moyenne a été de 6,2 mois avec 26,9 % de malades encore en vie à 1 an ; une différence statistiquement très significative (p=0,00004) (Diapositive 2). La différence en faveur de la combinaison à base de carboplatine est aussi nette en termes de survie sans progression qui a été de 6,3 mois dans ce groupe contre 3,2 mois dans le groupe mono chimiothérapie. En ce qui concerne la toxicité, de façon attendue, le taux de neutropénie a été plus élevé dans le groupe recevant la double chimiothérapie (47,8% versus 12,2%), le nombre global de décès toxiques a été de 9 contre 3 dans le groupe monothérapie mais en ce qui concerne les décès toxiques précoces, c’est-à-dire dans les 3 premiers mois de traitement, ceux-ci ont été moins fréquents dans le groupe double agent (17,6%) que dans le groupe agent unique (25%). Pour Elisabeth Quoix , « il n’existe aucune ambiguïté dans nos résultats, la combinaison à base de carboplatine prolonge de façon très significative la survie sans progression, la survie globale et augmente le taux de réponse des malades les plus âgés et ceci au prix d’une toxicité acceptable. Elle démontre que ce protocole représente un nouveau standard de traitement chez les malades de plus de 70 ans ».
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Dr Pierre Delahousse. D’après la présentation à Chicago de Nicolas Pourel durant l’Onco’Scopie 2010, les communications d’E. Quoix (abstract 2), de M. Pérol (abstract 7507), de Y. Bang (abstract 3) et un entretien avec Bernard Milleron durant l’ASCO 2010. 16 juin 2010 |
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