Pas de bénéfice macrovasculaire en cas de contrôle intensifié Rappelons que les investigateurs de l’étude ACCORD avaient pour objectif de mesurer s’il était possible de diminuer le risque cardiovasculaire et microvasculaire en intensifiant le traitement de malades diabétiques de type 2 depuis plus de 10 ans. 10 251 patients ont ainsi été inclus dans cette très large étude dans laquelle trois stratégies ont été comparées à un traitement standard : un contrôle intensifié de la glycémie (avec un objectif HbA1c < 6%), un contrôle intensifié de la pression artérielle (avec un objectif de pression artérielle systolique < 120 mmHg) et une intensification du traitement de la dyslipidémie en rajoutant du fénofibrate au traitement par statines déjà reçu. En partageant, à Orlando, les résultats à 5 ans des différents bras de l’étude, les investigateurs confirmaient qu’aucune des stratégies d’intensification du contrôle glycémique, lipidique ou artériel n’avait eu d’impact supplémentaire sur les événements cardiovasculaires majeurs. L’une des explications mises en avant est qu’après plus de 10 ans d’évolution de la maladie, il était trop tard pour revenir en arrière sur le plan macrovasculaire malgré une quasi normalisation des paramètres glycémiques, tensionnels et lipidiques.
Des bénéfices microvasculaires liés au contrôle intensif de la glycémie Première nouveauté de cette édition de l’ADA 2010, la présentation des données microvasculaires dans le bras contrôle glycémique ; une présentation simultanée à la publication dans le Lancet. Si en ce qui concerne les malades randomisés entre bras recevant un contrôle glycémique intensif (n = 5 128) et bras recevant un traitement standard (n = 5 123), on n’observe pas de réduction du risque global d’événements microvasculaires sévères évalués par la mesure de la progression de l’insuffisance rénale, la photocoagulation rétinienne et la vitrectomie (HR = 0,95 ; p = 0,4226), on observe néanmoins un bénéfice sur certains critères en faveur du traitement intensif. Ce contrôle intensif de la glycémie a permis de retarder la survenue de l’albuminurie, de certaines complications oculaires et de la neuropathie. Ont, en effet, été notés une réduction significative de 15% de l’albuminurie à la fin de l’étude par rapport au bras traitement standard (HR : 0,79 ; p = 0,0005), de 11% de la chirurgie de la cataracte (HR = 0,89 ; p = 0,02) ainsi qu’une diminution de 8% de la neuropathie périphérique (HR = 0,92 ; p = 0,02) et d’autres critères de neuropathie tels que la perte de la sensation de vibrations et du réflexe achilléen (Diapositive 1). Pour William Cushman, l’un des investigateurs de l’étude, « ces résultats semblent suggérer que le contrôle intensif de la glycémie est une option thérapeutique possible pour réduire les événements microvasculaires. Néanmoins, elle doit être soigneusement étudiée en raison de l’augmentation de la mortalité, de la prise de poids et du risque élevé d’hypoglycémie sévère que cette stratégie implique. Si l’on pouvait définir qui n’est pas à risque pour cette mortalité élevée, nous pourrions dire que c’est une option pour prévenir les maladies microvasculaires ».
| |
|
Suivante >
|
Agnès Barret ; d’après les communications de William Cushman, Henry Ginsberg, Hertzel Gerstein, Faramarz Ismail-Beigi et Emily Chew et un entretien avec William Cushman à l’ADA 2010 à Orlando. 04 juillet 2010 |
|