L’autosurveillance glycémique efficace dès le début du diabète de type 2 Alors que l’autosurveillance glycémique fait partie intégrante de la prise en charge du patient diabétique de type 1, il existe encore aujourd’hui encore une controverse quant à son rôle chez les malades diabétiques de type 2 non traités par insuline. Antonio Nicolucci apportait durant cette édition 2010 des preuves nouvelles qui pourraient faire évoluer les choses. Il rapportait les résultats d’une étude pilote conduite en Italie, l’étude ROSES, qui avait pour objectif d’évaluer l’efficacité d’une autosurveillance glycémique associée à un programme d’éducation intensif délivré par des infirmières et ceci comparativement à un programme d’éducation standard sans autosurveillance chez des patients diabétiques de type 2 sous antidiabétique oral à la phase précoce de la maladie. Une évaluation comparative Le programme d’éducation intensif consistait en une approche d’éducation en face/face tous les trois mois pendant laquelle les patients apprenaient à modifier leurs habitudes alimentaires et/ou leur niveau d’activité physique en fonction des résultats glycémiques de l’autosurveillance glycémique (12 tests par mois), à laquelle s’est ajouté un suivi téléphonique par une infirmière tous les mois pour discuter des résultats et des décisions à prendre si les cibles glycémiques n’étaient pas atteintes. Le programme d’éducation standard consistait, quant à lui, en une éducation classique avec des recommandations sur le mode de vie et un suivi tous les trois mois. Réalisée sur 26 semaines, cette étude comparative ouverte a inclus 67 malades, diabétiques de type 2 depuis trois ans en moyenne, âgés de 45 à 75 ans, avec une HbA1c entre 7% et 9%, sous metformine et ayant déjà utilisé un lecteur de glycémie à raison d’un test par semaine durant les 12 derniers mois. Les patients ont été randomisés en deux bras, un bras SBMG (éducation intensive avec ASG, n = 42) et un bras SC (éducation standard, n = 15). Les deux bras étaient évalués sur le même critère primaire, la variation de l’HbA1c après 6 mois. Une démonstration très nette Après 6 mois, une amélioration significative de l’HbA1c a été observée dans le bras éducation intensive avec une différence moyenne entre les deux bras de 0,5% (p = 0,03). Résultat encore plus intéressant : 60% des patients du bras intensif ont atteint la cible d’HbA1c < 7% contre 20% dans le bras éducation standard (p = 0,009) (Diapositive 1). Des différences significatives entre les 2 bras en faveur du bras intensif ont également été observées au niveau du poids, avec une différence de 4 kg (p = 0,02), de l’IMC (p = 0,025) et du tour de taille (p = 0,014). En revanche, aucune différence n’a été trouvée pour la pression artérielle, le cholestérol total, les HDL et les triglycérides. A noter qu’aucun événement indésirable n’a été enregistré pendant cette période. Compte tenu du fait qu’ont été observés plus d’ajustements thérapeutiques dans le groupe éducation standard (53,3% des patients versus 26,2% des patients du bras SBMC), Antonio Nicolucci en conclue que les bons résultats obtenus avec l’approche intensive sont clairement liés aux modifications de comportement qu’elle a permis d’induire et non aux changements de thérapeutique. Il concluait à Orlando que « avec un programme d’éducation correct, l’autosurveillance glycémique bien utilisée peut être très efficace pour prendre en charge les malades diabétiques de type 2 au début de leur maladie ». Cette approche devrait maintenant faire l’objet d’une évaluation dans le cadre d’une étude randomisée multi-centrique.
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Agnès Barret ; d’après les communications et un entretien lors de l’ADA 2010 à Orlando avec Guillaume Charpentier (poster 0005-LB) et Antonio Nicolucci (abstract 0112-OR). 04 juillet 2010 |
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