Dimanche 05 Septembre 2010
Diabétologie

L'actualité de l'American Diabetes Association 2010
25-29 juin, Orlando, Etats-Unis


L’édition spéciale du Lancet réalisée à l’occasion de l’ADA 2010 titrait « Les médecins sont en train de gagner la guerre contre la glycémie et de perdre celle contre le diabète de type 2… » ; cette 70ème édition de l’ADA illustre en effet les progrès thérapeutiques très concrets qui permettent de mieux contrôler l’HbA1c tout en illustrant aussi la difficulté d’intervenir aux racines mêmes de cette maladie de société.

 

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Late Breaking Clinical Trials

Leçons pratiques de registre et d’analyse post-hoc

La prestigieuse session des Late breaking clinical trials de cette édition 2010 de l’ADA était riche en enseignement pratique : le registre REACH met en évidence un avantage très significatif de la metformine en prévention secondaire, l’analyse post-hoc de l’étude BARI 2D ne retrouve pas d’effets cardiovasculaires délétères de la rosiglitazone et la corrélation entre hypoglycémies sévères et événements dans l’étude ADVANCE met en évidence un nouveau marqueur de risque de décès.


      
Ronan ROUSSEL

Paris

"Le registre REACH démontre l’impact de la metformine en prévention secondaire pour l’ensemble des diabétiques de type 2"



Un net avantage à la metformine en prévention secondaire
 
Ronan Roussel présentait durant cette session des Late breaking clinical trials de l’ADA 2010 les résultats d’une mesure de l’impact de l’utilisation de la metformine sur la mortalité d’une large cohorte de patients diabétiques de type 2 présentant une maladie cardiovasculaire avérée. Cette analyse a été conduite sur les données du très large registre international REACH, un registre observationnel qui comporte à ce jour plus de 67 000 malades présentant une athérosclérose clinique.
 
Les investigateurs de REACH se sont intéressés dans cette analyse aux 19 699 malades du registre qui présentent un diabète de type 2 et ont comparé l’impact de la prise de metformine sur leurs événements cliniques majeurs. Dans ce large groupe, 7 457 malades recevaient de la metformine ; ils étaient en moyenne un plus jeunes (-2 ans), un peu plus gros (+1 kg/m2), avaient une glycémie un peu plus élevée (+ 0,07 mg/dl) et un peu plus hypertendus (+ 2 mmHg) que ceux qui n’en recevaient pas mais avaient, par contre, globalement plus de traitements associés de type antiagrégants et statines.
 
Un impact significatif sur la mortalité
 
Pendant les 2 ans de suivi, 1 270 événements sont survenus dans ce sous-groupe de diabétiques avec une différence très significative entre ceux qui recevaient de la metformine et ceux qui n’en recevaient pas (HR = 0,67 p < 0,0001) (Diapositive 1). Après ajustement sur l’âge, le sexe, un score de propension et d’autres facteurs confondants éventuels, la différence entre les 2 groupes reste significative et représente une réduction de 24% du risque de décès. Le taux de mortalité à 2 ans est de 6,33% dans le groupe metformine contre 9,83% dans le groupe n’en ayant pas reçu (HR ajusté = 0,76 ; p < 0,001).
 
Un bénéfice même en cas d’insuffisance cardiaque ou rénale
 
Pour compléter cette analyse, les investigateurs se sont intéressés aux sous-groupes de malades considérés traditionnellement comme des contre-indications à la metformine, les insuffisants cardiaques et les insuffisants rénaux. En faisant la même comparaison, avec ou sans metformine, les investigateurs ont trouvé le maintien d’un bénéfice significatif en faveur de la metformine y compris chez les diabétiques de type 2 présentant une insuffisance cardiaque et chez ceux présentant une insuffisance rénale.
 
Pour Ronan Roussel qui présentait ces résultats à Orlando, « notre analyse du registre REACH indique que l’utilisation de la metformine en prévention secondaire chez des diabétiques de type 2 est associée à une réduction de la mortalité toute cause de 24% après un suivi de 2 ans. Ces données sont cohérentes avec celles de l’étude UKPDS et d’autres études observationnelles réalisées chez des diabétiques de type 2 présentant une insuffisance cardiaque, et justifient l’utilisation de ce médicament dans ce contexte, y compris dans un contexte jusque-là considéré comme une contre-indication telle l’insuffisance cardiaque ou rénale ».



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Dr Pierre Delahousse ; d’après les présentations de Ronan Roussel, Richard Bach et de Sophia Zoungas durant l’ADA 2010.
04 juillet 2010
 
 
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