Un net avantage à la metformine en prévention secondaire Ronan Roussel présentait durant cette session des Late breaking clinical trials de l’ADA 2010 les résultats d’une mesure de l’impact de l’utilisation de la metformine sur la mortalité d’une large cohorte de patients diabétiques de type 2 présentant une maladie cardiovasculaire avérée. Cette analyse a été conduite sur les données du très large registre international REACH, un registre observationnel qui comporte à ce jour plus de 67 000 malades présentant une athérosclérose clinique. Les investigateurs de REACH se sont intéressés dans cette analyse aux 19 699 malades du registre qui présentent un diabète de type 2 et ont comparé l’impact de la prise de metformine sur leurs événements cliniques majeurs. Dans ce large groupe, 7 457 malades recevaient de la metformine ; ils étaient en moyenne un plus jeunes (-2 ans), un peu plus gros (+1 kg/m2), avaient une glycémie un peu plus élevée (+ 0,07 mg/dl) et un peu plus hypertendus (+ 2 mmHg) que ceux qui n’en recevaient pas mais avaient, par contre, globalement plus de traitements associés de type antiagrégants et statines. Un impact significatif sur la mortalité Pendant les 2 ans de suivi, 1 270 événements sont survenus dans ce sous-groupe de diabétiques avec une différence très significative entre ceux qui recevaient de la metformine et ceux qui n’en recevaient pas (HR = 0,67 p < 0,0001) (Diapositive 1). Après ajustement sur l’âge, le sexe, un score de propension et d’autres facteurs confondants éventuels, la différence entre les 2 groupes reste significative et représente une réduction de 24% du risque de décès. Le taux de mortalité à 2 ans est de 6,33% dans le groupe metformine contre 9,83% dans le groupe n’en ayant pas reçu (HR ajusté = 0,76 ; p < 0,001). Un bénéfice même en cas d’insuffisance cardiaque ou rénale Pour compléter cette analyse, les investigateurs se sont intéressés aux sous-groupes de malades considérés traditionnellement comme des contre-indications à la metformine, les insuffisants cardiaques et les insuffisants rénaux. En faisant la même comparaison, avec ou sans metformine, les investigateurs ont trouvé le maintien d’un bénéfice significatif en faveur de la metformine y compris chez les diabétiques de type 2 présentant une insuffisance cardiaque et chez ceux présentant une insuffisance rénale. Pour Ronan Roussel qui présentait ces résultats à Orlando, « notre analyse du registre REACH indique que l’utilisation de la metformine en prévention secondaire chez des diabétiques de type 2 est associée à une réduction de la mortalité toute cause de 24% après un suivi de 2 ans. Ces données sont cohérentes avec celles de l’étude UKPDS et d’autres études observationnelles réalisées chez des diabétiques de type 2 présentant une insuffisance cardiaque, et justifient l’utilisation de ce médicament dans ce contexte, y compris dans un contexte jusque-là considéré comme une contre-indication telle l’insuffisance cardiaque ou rénale ».
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Dr Pierre Delahousse ; d’après les présentations de Ronan Roussel, Richard Bach et de Sophia Zoungas durant l’ADA 2010. 04 juillet 2010 |
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